Des poèmes, et de la réflexion sur le "poétique". Dans la simplicité. "comme un bruit de source..." Nouveaux poèmes de Xavier Bordes
Le Jeu bleu . Le Jeu bleu . Par-dessus la chaîne des montagnes blanches le ciel et le petit lac d’altitude continuent leur jeu bleu L’un affiche la couleur L’autre feint de n’être pas un miroir sans teint C’est un de ces jours clairs de jadis – quand...
Métaphores toujours . Ils cherchent la raison pour laquelle j’abuse dans mes poèmes de ce qu’on appelle en poésie des « images » en nos temps où même la peinture ne peut lutter contre l’avalanche des vidéos films et photos numériques en quoi pour ma part...
Instantané . Amusants ces artistes qui refusent de composer ce qu’ils exposent – un tas de charbon, le contenu d’une poubelle – pour dire leur révolte contre l’Ordre alors même que le hasard régit toute chose de ses règles occultes ! Sorte de romantisme...
. Je suis un poète superficiel . Comment en les syllabes quasi-incolores des « mots », mettre un peu de couleur, de lumière, un soupçon de musique de silex et d’étincelle à l’odeur de soufre ? . La simple évocation par une brève phrase des attitudes et...
25. Sur une photo de Samuel Ce présent qui nous quitte sans cesse, violet pâle comme dans le passé tombent les pétales de glycine, montagnes au loin amenuisées lorsque l'avion s'en va... Et moi qui ne supporte ni les fins ni les séparations ! Tous ces...
Quoi, la poésie ? Dans ce qu'on pourrait appeler « l'univers contemporain », la poésie en poèmes n'occupe plus une place ni officielle, ni très visible. Je parle ici de la société occidentale. J'ai longtemps pensé qu'il s'agissait d'une véritable disparition,...
Un soir au Cap-Martin La liberté comme un balcon qui donne sur la mer qui donne sur la liberté Ciel gris-rose au large un haut navire illuminé s'amenuise et disparaît sous la courbe de l'horizon Le suivent d'un regard mélancolique montagnes et falaises...
Parution d'un recueil d'aphorismes discret : Un recueil de 90 pages d’aphorismes éditée par Gros Textes. - Quel fainéant ce Socrate, préférant taper la discute avec ses potes sur un banc ou au pied d'un arbre plutôt que prendre un crayon et conséquemment...
L'Upiane II Avant que les rayons du jour n'aient irradié les crêtes je suis parti la lune pâle à ma tempe droite à travers l'ombre veloutée des pins Mes pas crissant sur les aiguille brunes faisaient fuir les pies bavardes Là-bas la grande maison silencieuse...
Poème d'ambre J'ai oublié le nom de cet arbre de St Domingue que taraude un insecte, insupportablement, et qui se venge en nappant d'un flot d'ambre son agresseur ainsi momifié pour l'éternité. Or la sève durcit, ternit, devient une roche ordinaire. Mais...
Un tabac de Virginie 1. C'est comme d'avoir retrouvé un fragment De vie qu'on avait perdu et le cœur bondit au point qu'on craint que la joie ne le brise Au miroir d'un regard le puzzle du monde reprend Chaque pièce de son image Comme un rêve reconstitué...
Phénix Parmi quelques amis que mes propos intriguent Parfois j’immole l’ange à son propre bûcher Tandis qu’à son gibet mon corps danse la gigue Sans qu’une étoile au soir ne vienne le chercher Entendant dialoguer ces présences amies Pour leur tendre un...
TGV Très sombres sillons de nuages, ondulations bleues des monts au loin, verdure compartimentée de la campagne qui défile si vite que l’oeil ne saisit rien du proche hormis la vivacité contiguë du temps ! Un camion blanc sur le parking de l’autoroute...
Asakusa Tatori . Le petit chat blanc accroupi sur le rebord de la fenêtre contemple pensif le bourg surmonté du volcan sacré Un long vol d’oies sauvages zigzague vers les rougeurs de l’horizon Est-ce crépuscule du soir ou du matin Mystère ! Le Fuji-san...
L’âme parfaite du Monde . Ne regarde plus vers l’île dont les frondaisons moutonnent en couronnes de brocolis sur les roches accumulées par le soleil couchant et rebattues par la mer qui traduit en écume les cris tourbillonnants d’oiseaux effarouchés...
Post mortem . Après sa mort . Ce qui lui manquait c'était le bruit de l'eau . ce ruissellement de fontaine aux oiseaux dans la cour . Le commencement de l'éternité avait coïncidé avec celui du silence . lorsque les vingt quatre colombes qui nous observaient...
A la veille d’appareiller . Un ultime regard vers la maison éclairée sur les hauteurs de la colline La lucarne sombre cadre la pente dorée à la manière d’un tableau . Fini de s'endormir et s'éveiller dans la présence vivifiante de la mer Bercé tel un...
Un onze Décembre au XXIème siècle . Les trottoirs font leur cinéma grâce à la bruine complice Ils changent les feux des vitrines en nappes d’astres irisés et les nébuleuses du ciel gris jonchent le sol de plaques de zinc . Seules les grandes corneilles...
« Libre, libre, libre ! » . Peut-être une dernière cavatine de fauvette dans les roseaux d’un poème de Char Peut-être ce serait, non le mot de la fin mais l’effet libre de l’âme animale déchaînée des exigences austères de la fourberie sociale . Où l’oiseau...
Shampoing . Point de beauté à contempler dehors ce matin, la pluie lave les frondaisons safran qui ont cet air des chevelures découragées de blondes dans l'instant où elles sortent du flot pour regagner le bord sous l’oeil éblouissant du dieu. J’ai foulé...
Sonjanthrope . Craquer deux silex dans la nuit pour en faire gicler le reste de soleil qu’ils contiennent et son odeur d’étés consumés et de serments échangés en cachette entre les rangées de sarments . Voilà l’unique ressource que le temps propose aux...
Ezra au regard triste . Petit Ezra petit enfant si gentil si doux et gai... Que je suis triste à l’idée que le monde des humains ses cris ses haines ses avanies ses mauvais tours brutalise en toi et détruise la pure beauté de ton coeur . Parfois tu te...
FIÉVRES TRANSVERSES 1. . Éventail du feu aux nervures de cendre chevelure grise et fils d’argent Les mains réunies à contre-nuit avec le frémissement des frusques du hêtre dans notre dos La lune aux ailes de roussette vient s’y prendre chaque nuit Tournoiements...
Grands pins Grands pins vertes arches cathédrale de bois L'aile du soleil en éventail par vos vitraux verts lisse ses feux et le bec doré du petit-jour gratte vos aisselles en exemple aux colombes Les pies se réveillent et se disputent aussitôt tant elle...
Pourquoi eux ? à Jacques Laborel Ils disaient que la poésie est comme un oued qui se perd à la fin dans les sables Une fin épongée par le désert en quelque sorte « Babylone est une arnaque ! » expliquait ce rasta tout droit venu des îles Caïmans Gros...