Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Des poèmes, et de la réflexion sur le "poétique". Dans la simplicité. "comme un bruit de source..." Nouveaux poèmes de Xavier Bordes

Publicité

Août 2009



                                      L'Upiane II



Avant que les rayons du jour n'aient irradié les crêtes          je suis parti               la lune pâle à ma tempe droite        à travers l'ombre veloutée des pins             Mes pas crissant sur les aiguille brunes            faisaient fuir les pies bavardes



Là-bas la grande maison silencieuse s'éloignait           avec la soeur dormant dans sa chambre étroite         et le petit neveu dans son pyjama bleu        qui déambule entre les pièces pénombreuses           sur la pointe de ses pieds nus         pour ne pas déranger de jeunes parents endormis



Je suis monté dans les collines pour trouver           l'endroit désert où je pourrais en paix          jouer de cette kéna de roseau faite pour moi par un indien de Bolivie            et qui m'aide si bien à méditer sur les secrets de l'univers



Ô mélodies venues du fond des temps              ruines de Saxahuaman et civilisations étranges       enfouies          Musiciens morts que j'ai connus                 flûtes bombos et cordes grêles        ponchos au vent déployant leurs vives couleurs        visages sombres taillés à la serpe        hermétiques comme des poings fermés           masquant leurs pauvres chaleureuses amitiés



Alors            avec ma flûte au long des trottoir de villes qui m'ignoraient              je traversais des régions aux paysages inconnus              des voix de femmes aigrelettes chantonnaient dans ma tête            Des complaintes vieilles comme sont les peuples oubliés         Recuerdos de Calahuyo       Chutunqui       Chacarera de Jacinto      Blanca palomita      Sonkoy waira             revenaient instinctivement sous mes doigts              et je marchais indéfiniment dans ces songes historiés comme sur des tapis chamarrés



Là-bas      la grande maison avec la soeur s'éveille         les pies se disputent dans les pins          le frère ami s'est en allé vers les travaux dont il ne peut se passer        doucement s'est refermé le portail aux grilles automatiques                   un écureuil souple sinue de branche en branche avec sa queue ébouriffée             le chat roux      pensif       a tourné le dos au soleil levant



Quand la flûte se tait le vent prend le relais dans les plus hautes frondaisons          Les premières motos pétaradent dans la vallée      Quelqu'un ouvre quelque part des volets qui claquent          une autre vie reprend



Nous n'aurons plus jamais vingt ans          et depuis l'amour a tellement changé !



Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
<br /> tiens...une image...vous rêvez d'être un chat peut être...<br /> <br /> <br />
Répondre